Il est facile de faire son compost…
Par Françoise Curtet le jeudi 17 juillet 2008, 16:53 - Les techniques naturelles - Lien permanent

Les techniques traditionnelles de compostage sont souvent longues et compliquées à mettre en œuvre. En outre, elles demandent de la place et des installations parfois coûteuses. Pour les petits jardins, voici une méthode facile et rapide.
Technique
On commence par creuser un trou à la bêche ou à la pelle. Un trou pas trop
grand, pas trop profond, dans un endroit discret : pas sous vos fenêtre ni
celles des voisins, pas à côté de « votre » emplacement privilégié
pour les après-midi de farniente… Par exemple, entre deux arbustes, le long
d’un mur, d’une haie.
La taille, la profondeur dépendent de l’organisation du terrain, de la place que vous avez, de la nature du terrain. L’idéal c’est d’avoir un trou aux bords assez nets, plutôt carré ou rectangulaire, et profond d’une cinquantaine de cm au moins. Vous pouvez toujours faire plus si vous voulez.
Dans ce trou, vous jetez au fur et à mesure toutes vos épluchures de fruits et de légumes. Biologiques si possible, car les non bio contiennent encore beaucoup de résidus de pesticides, notamment la peau. Mais sinon, faites-le quand même, parce que à force de contraintes l’on finit par ne rien faire du tout.
Pour éviter d’aller toutes les 5 minutes au fond du jardin, vous aurez dans votre cuisine un petit seau, une récipient quelconque, une poubelle, doublée d’un sac en plastic - vous savez ceux qu’on arrive toujours pas à éliminer - ou encore un sac en papier qui provient des courses. Et en fin de journée, vous irez vider votre moisson d’épluchures. les gros trognons, les peau un peu épaisses seront à découper aux ciseaux ou au sécateur, ce permettra aux micro-organismes de mieux les digérer et vous évitera de les retrouver entières à la fin du processus.
Vous mettrez de temps en temps une couche d’herbes sèches et de plantes coupées, ce qui évite le pourrissement, et recycle aussi les résidus du jardins. Vous y remettez aussi de temps en temps une couche de terre - de celle qui a été enlevée au début. Normalement, cela ne devrait pas sentir mauvais, la seule nuisance sera quelques moucherons pendant la période de remplissage. Vous pouvez masquer le tout avec quelques élégantes branchettes issues de la dernière taille, des tiges d'aromatiques, mélisse, lavande, laurier...
Quand vous aurez rempli votre bac à compost, il vous restera à bien tasser et à recouvrir de terre. Vous y mettrez votre couverture de broussailles et vous attendez. Deux mois devraient suffire en été, d'avril à octobre, ce qui peut faire quasiment trois fournées. Si vous en commencez une en hiver, vous devrez patienter jusqu’au printemps.
Le compost, comment ça marche ?
Le compost du jardinier ne fait que reprendre ce que la nature fait d’elle-même : créer de la terre à partir des débris végétaux. De nombreux organismes s’en chargent : des plus gros - insectes - aux plus petits - levures, bactéries, sans oublier les indispensables lombrics qui vont ensuite digérer et aérer ce délicieux mélange.
Comment vérifier que le compost est prêt ?
Il se présente sous la forme d’une « terre » noire, humide, un peu
granuleuse. A ce moment, le compost est à son maximum de richesse.

Comment l’utiliser ?
Enlever les brindilles ou branchettes s’il en reste, pelleter le compost dans un seau ou une brouette, et le répandre au pied des plantations du jardins. On fait cette opération deux fois par an : au printemps pour favoriser la reprise, à l’automne, pour amender (améliorer) le sol avant l’hiver.
Pourquoi faire du compost ?
Pour valoriser, comme on dit joliment aujourd’hui, vos déchets ménagers… sinon, ils partent en fumée dans l’incinérateur local. Pour obtenir gratuitement un amendement efficace pour votre jardin, qui vous dispensera en grande partie d’engrais.
Est-ce qu’il y a d’autres techniques ?
Oui, bien sûr.
La plus simple - complémentaire de celle-ci - consiste à laisser sur place les feuilles mortes en automne, elles se transforment en humus et améliorent la terre. En plus, les merles viendront les retourner en hiver à la recherche de vers de terre, c’est plutôt sympa à regarder. Ensuite, on peut disposer et/ou enfouir les tontes de gazon ou des engrais verts - moutarde, phacélie, sarrasin, ortie, consoude - autour des plantations.
On peut confectionner ou acheter des bacs à compost, qui permettent de faire de plus grands quantités. A l’intérieur d’un logement, on peut faire du « lombric-compost » avec un matériel adapté (et très cher). Mais celui-là je ne l’ai pas testé…
Pour aller plus loin :
Consultez, entre autres, le site Internet et le catalogue de l’association Terre Vivante. Ou allez visiter le site grandeur nature de l’association, qui est située dans le Trièves, près de Grenoble : vous y découvrirez l'écologie en pratique, dans un lieu magnifique, ouvert tous les jours jusqu'en octobre.
Commentaires
Merci Françoise, ça au moins, c'est simple et concret. Y a plus qu'à creuser !
PS : Tu sais, c'est mon côté chiant (!!!) : je crois qu'il y a une petite faute d'orthograhe. Plastique plutôt que plastic, c'est monis explosif ! (§4)