Une prairie à papillons
Par Les Ateliers de la Nature le mercredi 3 septembre 2008, 16:49 - Nature - Lien permanent

On a beaucoup évoqué ces derniers temps la disparition inquiétante des abeilles. Un phénomène aussi important touche les papillons, qui perdent progressivement leur sites de reproduction et leurs sources alimentaires : feuilles pour les chenilles et nectar pour les papillons.
Cet été, nous en avons, à notre grande surprise, rencontré beaucoup,
transformant quelques journées de vacances en opération découverte des
lépidoptères locaux... Tout commence avec un malheureux paon-de-jour emprisonné
dans les filets d’une épeire, qui agite frénétiquement sa toile pour l’enrober
encore un peu plus. Ensuite, une veille d’orage, la maison est envahie de
toutes sortes de papillons et nous y observons notamment un magnifique
robert-le-diable accroché aux rideaux...
Puis une promenade nous fait découvrir une véritable prairie à
papillons : un champ en friche, entourée d’une bande herbeuse, de haies
vives, bordé d’une petite rivière de pays, la Lède, procurant de l’ombre, de
l’eau et la protection des arbres de berges – saules, frênes,
aulnes...
Le lendemain, au marché, nous achetons un vieux « Delachaux et Niestlé
», le Photoguide des papillons d’Europe. Ce qui nous permet d’en identifier
certains. D’autres sont restés mystérieux, trop lointains, trop rapides, trop
méfiants. Images fugaces, que l’on espère revoir un jour...
Dans la prairie fauchée, volète au ras du sol un grand nombre de ce que
identifions – après maintes discussions et plongées dans le guide - comme des
mercures (Arethusena arethusa). Ils évoluent au ras du sol, et se
posent sans nous craindre. Nous nous approchons à petits pas et, sans les
déranger, nous pouvons même observer la ponte d’un œuf : la femelle est
immobile, perchée sur un brin d’herbe, on voit tout-à-coup l’abdomen saillir
entre les ailes et déposer sur la tige un minuscule (1/4 de mm) œuf bien rond,
blanc nacré.
Plus loin, nous entrons dans le territoire d’un paon-de-jour ( Inachis
io) : solitaire ou en couple, visiblement, il chasse les intrus,
d’autres papillons qui entrent sur son territoire. Quand nous le dérangeons, il
part pour un vol de quelques dizaines de mètres, puis revient se poser non
loin. Alors, il étale ses ailes magnifiques, ses couleurs et ocelles étant
supposé intimider les ennemis. Les ailes fermées, il apparait tout aussi
majestueux et complètement noir...
Et pour le plaisir, voici quelques autres scènes de cette jolie prairie. PS : les petits bijoux bleu saphir posés au-dessus de l'eau semblent être des calopterix virgo, en déclin dans de nombreuses régions. Et d'après ce site-là - vraiment très beau - ce serait des calopteryx virgo mâles (les seules à présenter des ailes bleu foncé - les femelles sont marron clair). A confirmer !







