En réalité c’est plutôt l’arbre qui vous adopte, comme cet improbable aulne qui pousse à l’ange de 2 rues, tout près de chez moi. J’ai dû passer à côté une bonne centaine de fois sans le remarquer. Cet automne, j’étais à la recherche de feuilles remarquables : et marcher le regard rivé au sol vous permet non seulement d’en trouver de très belles mais aussi d’identifier des arbres auxquels on n’avait pas du tout prêté attention auparavant.

Ainsi, à l’angle de deux rues, je sursaute : le trottoir est jonché de strobiles d’aulnes. Là je frime un peu, car si j’étais capable de les reconnaître, je n’en connaissais pas encore le nom savant. Pour ceux qui se demandent ce que c’est, en voici la photo d’un branche en septembre. Les strobiles, ce sont ces imitations de toutes petites pommes de pin qui abritent les graines (un arbre adulte en fabrique environ 3000 pour 250 000 graines...). On peut d’ailleurs les ramasser pour toutes sortes de projets de décorations, elles sont très élégantes, les strobiles de l’aulne.

En attendant, je photographie – en septembre - ces longues tiges d’où pendent ces fameux strobiles, qui hébergent les graines de l’arbre. La lecture – ou relecture – des numéros 51 et 52 de La hulotte m’en apprendra plus sur l’écologie de cet arbre dont le bois devient rouge sang quand on le coupe. Cet aulne dont on retrouve les trois noms d’origine – aulne, verne et bern – dans des centaines de villes, villages et régions de France.


KONICA MINOLTA DIGITAL CAMERA KONICA MINOLTA DIGITAL CAMERA
KONICA MINOLTA DIGITAL CAMERA KONICA MINOLTA DIGITAL CAMERA KONICA MINOLTA DIGITAL CAMERA
KONICA MINOLTA DIGITAL CAMERA aulne7avril.JPG

Dorénavant, quand je passe devant, je lui jette un coup œil et je guette les changements. Chic, il annonce, bien avant les autres, et bien avant le moindre signe du ciel, les prémisses du printemps : dans le ciel de février, se balancent ses nombreux chatons – fleurs mâles – et il faut une paire de jumelles pour distinguer la fleur femelle, minuscule, accrochée sur la tige.

L’aulne, comme chacun sait, pousse les pieds dans l’eau, notamment au début de sa croissance. Celui-ci, le pauvre, semble s’enraciner dans le béton qui l’entoure : trottoirs, immeubles, peu d’espace...Mais cette histoire se passe à FonTEnay-sous-Bois, autrefois réputée pour ses sources et fontaines... Eh oui ! La ville était truffée de puits et il semble que malgré les efforts humains pour la canaliser, de l’eau coule encore dans ses veines. Ceci fera l’objet d’un prochain article, dans une nouvelle rubrique «Chemins de mémoires».