La gare de Fontenay-sous-Bois
Par Les Ateliers de la Nature le lundi 13 avril 2009, 18:17 - Chemins verts - Lien permanent

Début d'une nouvelle chronique consacrée à l'environnement, l'histoire, la nature à Fontenay-sous-Bois.
Si vous habitez Fontenay-sous-Bois, le RER A vous connaissez ! Sa foule, ses retards, les incidents voyageurs qui s’enchaînent avec les pannes de matériel. Normal, c’est la ligne la plus peuplée du monde avec 286 millions de voyageurs en 2007. A tel point que cela suscite des articles de presse, un livre blanc d’élus et blog de voyageurs excédés.
Mais direz-vous qu’est-ce que cela vient faire dans un site consacré à la nature et à l’environnement ?
Des raisons, il y en a plusieurs.
La première, c’est que le RER de Fontenay-sous-Bois sera le point de départ
d’une visite de la ville, en cours de création, appelée « chemins verts ».
Parce que c’est un point de ralliement commode. Parce que on y trouve, pour
commencer, non loin de la sortie, le long de voie ferré, un toit végétalisé,
bordé par une belle flore spontanée d’érables.
Sur l‘origine de ce toit, mystère – recherche en cours – mais c’en est vraiment un, comme l’on peut voir sur les photos. Le bâtiment est celui du PC de sécurité, il date de 1998. C’est tout ce que l’on sait, pour le moment.
Ensuite, d’un point de vue environnemental, c’est quand même complètement idiot de faire traverser une ville 2 fois par jour à des centaines de milliers d’humains. L’écologie, c’est cela aussi : réfléchir aux lieux où l’on habite, où l’on travaille, dans quoi on habite, dans quoi on travaille, ce qu’on mange, comment c’est produit, d’où ça vient, etc.
Et se pencher sur l’histoire de la ville va nous permettre aussi de se poser ces questions-là et de voir enfin comment les acteurs de la ville, les élus, les décideurs, les habitants la modèlent.
Soyons rassurés tout de suite, l’histoire et les trajectoires de ces « chemins verts » auront beaucoup à voir avec la nature.
Alors la gare ?
Eh, bien elle fut inaugurée le 22 septembre 1859. Et en 1902, la ligne
comprend 138 trains quotidiens pour 611 726 voyageurs dans l’année. Le temps de
trajet est quasiment équivalent à celui d’aujourd’hui, une vingtaine de minutes
et les rames sont moins fréquentées. Pour les plus fortunés, une voiture à
cheval fait l’aller-et-retour jusqu’au domicile. Bientôt plusieurs lignes de
tramway vont sillonner Fontenay : n’y a-t-on pas perdu là quelque chose en
livrant la ville aux voitures?
Devant la gare se tient comme aujourd’hui un marché où ce sont les
producteurs locaux qui viennent écouler leur fruits et légumes. Après avoir
produit du vin durant plusieurs siècles, Fontenay fait partie de la
« ceinture verte » des villes : maraîchers et arboriculteurs
s’étendent sur plusieurs centaines d’hectares, notamment dans ce qui sera en
1970 la « ZUP ». On y reviendra bien sûr.
Justement, dans les années 70, plusieurs catastrophes environnementales sont
évitées grâce à l'action de la municipalité et des habitants : il était
prévu que le RER passe en viaduc au dessus de la vieille ville jusqu’à l’école
Victor Duruy, il sera finalement enterré. L’autoroute A 86 devait traverser la
ville : elle est détournée vers l’Est, le long de la zone d’activités, et
puis enfin l'A17, heureusement abandonnée, qui devait relier Montreuil à l’A
86, avec un échangeur au niveau de l’école Michelet, appelé le « plat de
spaghettis »...
Pour conclure, on dira que cette gare est une bonne porte d’entrée pour le
Bois de Vincennes, tout proche. Non loin de là, avenue de la Dame Blanche, un
panneau rappelle qu’ici vivait Hector Malot, l'auteur de Sans famille
et rédacteur de lettres fort élogieuses sur l’environnement fontenaysien – il y
est d’ailleurs enterré.
En 1864 il s’y fait construire une jolie maison aujourd’hui disparue, puis
achète un deuxième terrain en 1967 pour sa sœur. En effet, la ville de Paris
vient d’acquérir le Bois de Vincennes. Jean-Charles Alphand, le grand
ordonnateur des jardins parisiens, remodèle le territoire du couvent des
Minimes, y crée un lac, installe ponts, cascades artificielles, kiosques et
restaurants tandis que le baron Haussmann vends, pour le compte de la ville,
des terrains destinés à abriter de belles propriétés en bord de bois. Eh, oui,
déjà !
Documents et cartes postales anciennes : Archives municipales de Fontenay-sous-Bois






