Oiseaux « sauvages » contre « oiseaux des villes »

On sait qu’il est mauvais de nourrir les animaux dits sauvages, qui deviennent ensuite tributaires du nourrissage et abandonnent leurs propres pratiques alimentaires. Ainsi, dans les parcs et réserves, il arrive que l’on donne ponctuellement de la nourriture à certains animaux afin des les aider à faire passer un manque temporaire, mais cela reste très limité dans le temps. En ville, la pratique du nourrissage des oiseaux gagne du terrain, mais il n'y a quasiment pas d'étude sur les effets de cette pratique. Une discussion intéressante a lieu dans ce blog, très bien documenté : les oiseaux en ville.

Pour ma part, je considère que les oiseaux des villes sont plus les « commensaux » des humains que de véritables oiseaux « sauvages ». On peut donc les aider non seulement à passer la mauvaise saison mais aussi à nourrir leurs oisillons en début d’été.

Favoriser la nourriture « naturelle » contre la nourriture apportée

Certains oiseaux sont insectivores – ils se nourrissent d’insectes : commençons donc par autoriser les insectes en ville, plantons des espèces végétales qui les favorisent – les ombellifères par exemple ; arrêtons les pesticides ; créons des « nichoirs » à insectes. Voir pour cela le dossier très bien documenté édité par les CPN : la mallette à insectes.

Quant aux oiseaux granivores, eh bien, pour eux, nous ferons pousser des espèces à graines, cardère, tournesols, millet, amarante, etc. Plantons des arbustes à petits fruits, du lierre, des ronces et églantiers, des sureaux que l’on laissera fleurir et fructifier, et épaissir de manière à procurer en outre des abris pour nos petits amis. On cultivera tout en bio, on laissera se décomposer à terre des fruits tombés des arbres et des feuilles mortes qui vont favoriser les lombrics...

Connaître les habitudes alimentaires

Certains oiseaux se nourrissent en picorant par terre : le merle, qui retourne les feuilles pour extirper les vers de terre ou encore qui picore les pommes pourries ; et à l’opposé, les mésanges, véritables acrobates, qui vont picorer la tête en bas ; certains vont adorer les petites graines, d’autre de la graisse, ou encore le tournesol ou les cacahuètes (non salées !). Évitez le pain, et les aliments industriels. Et si possible, achetez bio, même pour les oiseaux !

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Friandises "maison" : pomme de pin badigeonnée de graisse (margarine)

Aménagez l’espace

Installez plusieurs postes de nourrissage, suspendez des boules de graisse, répandez de la nourriture au sol. Aménagez un coin buvette, avec un petit récipient : les oiseaux ont aussi soif que faim. Protégez des chats et autres prédateurs : les mangeoires sur pied doivent être assez hautes, et placées dans un espace dégagé ; il faut ménager des « perchoirs » - branches à différentes hauteurs - qui permettront aux oiseaux de s’approcher en toute sécurité ; enfin, vous accrocherez les boules de graisses et autres friandise sur des branches trop fines pour supporter le poids des félins.

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Voici un exemple d'installation bricolée à peu de frais... Un dossier plus complet est en cours de rédaction.

Et pour observer sans déranger

C’est votre mouvement que les oiseaux perçoivent. Donc, si vous restez immobile derrière votre fenêtre, vous aurez plus de chances de les observer. Ce qui n’est pas toujours facile. L’astuce, c’est de poser sur votre fenêtre d’observation un film dit « sans tain » qui vous permettra de voir sans être vu. Cela se trouve dans les magasins de bricolage, c’est assez cher mais très efficace, cela permet même de voir des oiseaux venir manger juste de l’autre côté de la vitre, si vous posez de la nourriture sur le rebord de votre fenêtre !

Alors, au fait nourrir combien de temps ?

Et bien, pour commencer, faites tout ça, pendant un an, deux ans, observez, regardez, identifiez... voyez qui vient, quand, comment, qui s’installe, qui repart, en été, en hiver, s’il y a des nids, des petits... Et puis ensuite, faites-vous votre propre opinion !